Les grandes manoeuvres

Facebook rachète Instagram

Pendant que la majorité d’entre nous profitait de la fin du week-end pascal, l’info est tombée : Facebook annonce le rachat d’Instagram pour 1 milliard de dollars.

Aussitôt les réseaux sociaux se sont mis à buzzer : l’argent et la puissance de Facebook pour Facebook, la news « techno » pour Google + (oui, oui, il y a des utilisateurs de Google + !), le top tweet pour twitter et même sur le premier concerné – Instagram – des photos annonçant la nouvelle : logo avec un commentaire du type « courage fuyons », photo noire pour pas mal de profils …

Personnellement, à titre de personne physique, plutôt prudent avec Facebook (aucune envie de partager dans un joyeux mélange de carnets d’adresses pro et perso les exploits du petit dernier avec un prospect, ou les posts pro qui vont arroser mon entourage qui n’a rien à faire d’une CRM, et encore si cela se limite à ces petits dommages collatéraux c’est un moindre mal), j’ai suivi un peu ce qu’il se passe sur Instagram, qui au départ a pas mal branché les graphistes web, les photographes pros bref des populations qui « travaillent » l’image.

L’intérêt d’instagram est sa facilité : une photo avec l’iphone, on va la chercher sur l’application, on lui applique un filtre – ou pas – on y ajoute un commentaire et des hashtags, la géolocalisation de la photo en option, et hop elle est publiée.

Rapidement, via les hashtags, on trouve des utilisateurs qui ont des centre d’intérêts communs et vous voila en moins de 2 connecté à un étudiant de Malibu qui photographie sa ville, un type super intéressant qui photographie le Detroit oublié, une designer Australienne pleine d’inventivité, quelques photographes professionnels, des japonais qui suivent vos photos de Paris … bref une petite communauté improbable se crée par affinités, assez anonyme car internationale. Bien sur, il y a quelques travers : si j’ai quelques dizaines d’abonnés à mes photos d’architecture parisienne en publiant 2 à 3 photos par semaine depuis quelques mois, certain(e)s deviennent archipopulaires avec quelques dizaines de milliers d’abonnés aux 3 photos de décolletés américain compatible.

Lundi donc sur Instagram c’était un peu la consternation : pour la majorité (en tout cas des utilisateurs dont je suis les photos), aucune envie de voir les photos d’Instagram liées aux profils Facebook, et si les dirigeants d’Instagram doivent ne pas en revenir d’avoir vendu aussi cher une boite créée depuis aussi peu de temps avec aussi peu de salariés et de CA, si Facebook marque des points pour consolider son modèle face à certains concurrents émergents (regardez du coté de Pinterest) et pour crédibiliser sa valorisation pour son entrée en bourse, c’est clairement un tournant pour Instagram et ses « early adopters » pour qui la période de défricheur d’une nouvelle tendance est finie.

Je vois cependant à cette annonce de rachat une vraie bonne nouvelle : nous venons tous de rajeunir de 12 ans ! Nous voilà de retour en 2000 avec les arbres qui montent au ciel et où certaines entreprises sans rentabilité et sans activité valent plus que l’économie « mortar », même si cette valorisation exceptionnelle n’est, espérons le, qu’un épiphénomène.

Jean-Samuel

 

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