Penser Nom de Domaine

Choisir et réserver son nom de domaine n’est pas aussi simple que celà en a l’air. De multiples raisons à cela :

  • lorsqu’on conçoit son projet on ne pense pas forcément à toutes les implications futures,
  • de nombreux noms de domaines sont déjà réservés (adieu les noms courts ou les abréviations de moins de 6 lettres… ),
  • on est parfois confronté à des contraintes inconciliables (nom trop générique mais incontournable par exemple),
  • il faut faire le choix de se focaliser sur un nom et de ne réserver que celui-là, ou au contraire de réserver tout ce qui est approchant pour éviter du cyber-squatting.

Nous ne rentrerons pas, dans le cadre de ce billet, sur une tentative de définition de LA bonne stratégie, car pour nous il n’y a pas de bonne stratégie dans l’absolu mais une bonne stratégie dans le cadre d’objectifs précis et d’une vision globale de communication autour de ces objectifs.

En revanche nous croyons à la valeur de l’exemple, et allons vous démontrer que votre stratégie autour de votre / vos noms de domaines – ou de l’absence de stratégie – en dit long sur vos objectifs de communication… et ont donc un impact évident sur votre image.

Cas numéro 1 : les contraintes inconciliables

Soit l’exemple d’une ville – nommons là, Amiens – qui décide de lancer une concertation autour d’un projet de tramway. Dans les actions menées, il est décidé de laisser aux internautes le choix du nom du futur tramway. Notre agence n’a pas participé ni au projet de communication, ni aux réalisations internet autour de ce projet, c’est donc en purs observateurs extérieurs – et citoyens – que nous faisons l’analyse suivante :

  • la concertation, focalisée internet, n’a permis l’expression que de relativement peu de contributions (quelques centaines) – c’est là un autre sujet, débordant du présent billet, que les problématiques de participation à ce genre de concertations.
  • le nom retenu est un peu polémique : Amstram. Certes il rappelle Amiens par sa consonance, il est enfantin et « joyeux » dans ce qu’il évoque, mais on imagine déjà les quolibets lors des problèmes de réalisation et d’exploitation.

D’un strict point de vue Web en revanche c’est un peu embêtant : le nom de domaine Amstram, aussi bien sur ses extensions .com et .fr est déjà occupé – par une chocolaterie, en Ile de France dont le site est récent : autant dire que ce domaine est « grillé » pour un futur usage pour le tramway amiénois.

La solution de contournement choisie est de nommer le site internet www.amstram-amiens.fr. C’est cohérent, mais ça ne se révèlera pas très pratique ultérieurement si ce site doit être utilisé par le grand public.

Rien de bien dramatique, mais la non prise en compte dans le processus de réflexion de la stratégie de nom de domaine internet conduit a devoir concilier l’inconciliable : faire avec un nom de domaine assez peu pratique à manipuler, redondant dans sa consonance  alors que l’un des atouts du nom était d’éviter cette redondance.

Cas numéro 2 : Ne pas penser au net (ou donner cette impression)

Le projet de tramway étant porté par une municipalité de gauche, et ne voulant pas faire de jaloux, illustrons maintenant les travers d’une réflexion qui oublie les aspects internet de sa future communication.

Soit une équipe d’opposition (de droite donc) qui se rassemble autour d’un projet pour cette même ville d’Amiens. Après que chaque personnalité ait testé un certain nombre de slogans – et on sait tous que dans le domaine, le choix d’une baseline de communication en politique est parmi les exercices les plus périlleux – un slogan ressort : « Rassemblés pour agir ».

En quelques jours, les principaux concernés, puis les journalistes, observateurs et le public s’habitue à ce slogan qui va porter une campagne, de plusieurs mois. Sur tweeter le hashtag #Rassembléspouragir apparaît…

Sauf que…

Sauf que personne n’a – semble-t-il – pensé au web. Alors quand on cherche « rassemblés pour agir » dans Google, on trouve d’abord du « Rassembler pour agir » dans d’autres villes, et, plusieurs jours après que le slogan ait été révélé, un petit plaisantin s’est approprié les domaines afférents. Il est facile ensuite de les rediriger vers un site qui ne sert pas forcément la cause défendue….

Plus fort – et c’est pour cela que nous nous permettons de penser que le net a été oublié dans la réflexion – pour palier au hashtag un peu long, un compte twitter de campagne est créé : @RPA_2014 . Plutôt une bonne idée pour rassembler la communication tout en laissant chaque personnalité s’exprimer. Mais à nouveau, alors que tout le monde communique sur ce compte, le domaine est libre… pour le moment…

Rien d’absolument dramatique car d’autres noms de domaines sont possibles mais dommage de se faire polluer sa communication par manque d’anticipation ou de prise en compte de cette problématique. Et puis cela renvoie l’image de gens qui négligent les NTIC, ce qui est assez énervant, n’est-ce pas ?

Alors certes, dans les 2 cas, il est facile, après coup, de pointer ce qui aurait pu être mieux traité ou anticipé. Dans des domaines aussi complexes, il est difficile de penser à tout, et il faut faire des choix et les assumer.

Mais il n’est souvent pas inutile d’avoir un conseil professionnel à l’heure des choix 🙂

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Une réponse à Penser Nom de Domaine

  1. LWI dit :

    Nous sommes cités dans un article sur la stratégie numérique des candidats aux élections dans Le Télescope d’Amiens http://www.letelescope.info/article/les-politiques-et-les-pieges-du-numerique/

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