Tinder est il vraiment ce qu’on vous en dit ?

Comme tous les internautes un peu curieux et un peu branchés réseaux sociaux, nous avons vu arriver, par la presse et les blogs, la « vague » TINDER.

Tinder est censé être le nouveau réseau social de rencontre, l’outil qui évite les râteaux, le nouveau Meetic, l’application qui fait le buzz, l’application mobile efficace,… bref, THE outil. Chronique il y a quelques semaines dans Les Inrocks : le journaliste pointait qu’on y rencontrait surtout des CSP+, le top de la rencontre entre sois.

Sur le papier, Tinder est une application mobile, géolocalisée, qui va identifier de manière anonyme des personnes dans votre périmètre géographique et correspondant à votre profil de recherche. Leurs photos vont s’afficher et vous allez pouvoir les taguer. Si la personne fait de même avec votre propre profil, vous êtes mis en contact via la messagerie interne de l’outil, sinon rien ne se passe et tout le monde garde son honneur.

A l’agence nous avons donc décidé de tester cet outil formidable pour la rencontre car nous ne pouvions pas ne pas regarder cet outil révolutionnaire que tout le monde semble encenser.

Sauf que…

Ce dont personne n’a parlé – ou presque – dans les différents articles presse et blogs, c’est du modèle économique d’un tel outil. Ok, chacun se dit : ils commencent gratuit pour développer leur communauté et le modèle changera après mais d’ici là…

Personnellement, j’ai donc chargé l’application Tinder sur mon smartphone. Premier hic, et de taille : impossible de se loguer autrement que via son compte Facebook. Ah oui mais je n’ai pas de compte Facebook (j’ai expliqué succinctement pourquoi dans ce billet). Problème. Pour les besoins de mon test, j’ai donc créé un profil Facebook « bidon » : un homme 40 ans à Paris. J’ai connecté ensuite Tinder avec ce compte : parfait.

Enfin presque : mon profil est vide. Une partie est paramétrable depuis l’application mais toutes les informations de base proviennent EXCLUSIVEMENT du profil Facebook. Impossible notamment d’ajouter une photo autrement que par Facebook.

Je peux cependant paramétrer ma recherche,… qui me renvoie un résultat nul quand je cherche a l’heure de l’apéro Cours Saint Émilion (à Paris) une jeune femme de 18 a 50 ans. Résultat nul également quand je cherche un homme de 18 à 50 ans.

Explication par mon collègue qui lui a un vrai compte Facebook actif : son profil est lui complet (il a du se creuser un peu la tête pour comprendre comment Tinder allait piocher les informations Facebook pour éviter de balancer les photos de ses gosses sur Tinder) et lui propose plein de rencontres possibles… avec les relations de ses relations Facebook en fait, géolocalisées certes. Je comprend mieux pourquoi notre journaliste du début du billet ne rencontrait que des gens de son sérail car logiquement c’est le profil type de ses relations et des relations de ses relations sur Facebook.

Alors personnellement un outil qui m’impose la manière de s’y connecter, qui s’interconnecte – on ne sait pas trop comment – avec les données d’un autre outil dont les logiques de confidentialité sont pour le moins fluctuantes et en tout cas complexes à maîtriser, sans même aborder le réel degré de consentement d’utilisation des données des profils (puisqu’il utilise les données d’une autre source .. , même si nous n’avons pas poussé la recherche jusqu’à interroger « dans la vraie vie » d’autres utilisateurs pour lever cette interrogation de notre part) est certes un outil amusant, ludique, peut être rigolo, mais certainement pas une révolution ni fonctionnelle ni technique, à part peut être pour les fondateurs du projet s’ils parviennent à monétiser leurs inscrits.

Vous avez dit outil révolutionnaire ?

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4 réponses à Tinder est il vraiment ce qu’on vous en dit ?

  1. Laurent dit :

    Belle démonstration des failles de Tinder, tout sauf un outil révolutionnaire… Certes amusant et sans doute très utile pour les timides en mal de rencontres. Mais pourquoi tout rendre dépendant de Facebook ? Pourquoi ne pas pouvoir mettre des photos sans toucher à FB ?

  2. ben dit :

    même constat j’aime pas Facebook !

  3. le petit poney dit :

    Je suis bien d’accord.
    Je n’ai pas Facebook, et je ne compte pas l’avoir.
    Et puis, sur les conseils de plusieurs potes enthousiastes, je télécharge l’appli -impossible de se connecter sans compte fb. Et c’est impressionnant, parce que je n’ai jamais entendu personne mentionner ce « petit détail »! Cette espèce de croyance que chaque personne normale sur cette Terre a forcément Fb et de concevoir des applis basées sur l’évidence même que tout le monde l’a… Enfin bon…

  4. Effectivement, c’est impossible de se connecter sans facebook. Apparement, il est même difficile de le faire avec un compte bidon, il faut avoir un certain nombre d’amis pour ne pas finir bloqué par leur filtre spam…

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